Le Moe

Pour débuter cette nouvelle catégorie, plongeons nous dans une sorte d'étude culturelle, ayant pour terme, ce mot que beaucoup d'otakus connaissent, le "moe".
Tout d'abord, je tiens à préciser qu'il existe de nombreux articles traitant du sujet. Pour ma part, je me suis basée sur le très bon article de Meido Rando, sur notre cher ami Wikipedia, sur la chronique de Shundo Kakizaki sur Gamekult et sur l'article de Bixte en ciel.
Origine
Moe, du japonais 萌え, est un néologisme (mot nouveau) qui, de façon résumée, caractérise des personnages (souvent féminins), issus de mangas, anime, ou encore jeu vidéo, qu'on peut trouver mignons pour leur apparence ou leur personnalité.
Au Japon, comme en France, il existe ce que l'on appelle l'homonymie (la relation entre des mots ayant la même prononciation, mais des définitions différentes). Ainsi, comme nous l'explique Shundo Kakizaki, le terme "moe" proviendrait du verbe "moeru» (燃える), que l'on peut traduire par "brûler". Il était souvent employé pour parler de la passion dévorante, qui consumait les fans de
Gundam. A côté de cela, "moe" signifie aussi "fleurir". Comme dans chaque pays, la langue change, se transforme, à cause de l'immigration, de l'anglicisme (le fait d'emprunter des termes anglais), des tendances actuelles, et tout simplement de l'évolution. C'est pourquoi, au Japon, le terme "moe" a changé, doucement, et désormais, il se rapproche davantage du bourgeonnement. Mais attention, pas celui des fleurs, mais celui des jeunes et jolies demoiselles qui parcourent l'univers de l'animation japonaise.
On dit souvent que le premier personnage, à avoir lancé le concept, est Clarisse, l'héroïne du film Le Château de Cagliostro (ルパン三世 カリオストロの城 – Rupan Sansei : Kariosutoro no Shiro) réalisé par Hayao Miyazaki. En effet, elle y incarne une jeune princesse orpheline, à l'apparence, certes fragile, mais qui ne manque pas de courage. Et c'est probablement sa nature douce et généreuse, qui a su charmer les japonais, car rapidement, de nombreux doujins (œuvres faites par des amateurs, dans différents domaines, à l'image des fanfictions : bande dessiné, jeu vidéo, fanzine, roman…) ont fait leur apparition.
Comment reconnaître le Moe ?
Pour cela, je vous conseille vivement l'article d'Axel Terizaki (dont vous pourrez retrouver le site, avec une histoire originale ici) sur Meido Rando, même si je vais tacher de vous résumer, les signes d'un personnage moe. Il est possible de créer deux catégories : les apparences moe (la tenue et les accessoires) et l'attitude moe (le comportement et le caractère).
-> La mode Moe
"Oh, elle est moé moé dans cette tenue!". Quel otaku (garçon ou fille), porté sur le style, n'a jamais prononcé cette phrase dans son fort intérieur, en découvrant des personnages vêtues d'adorables tenues ? Car il faut le dire, mine de rien, l'apparence a son importance pour créer un mythe. A chaque otaku sa tenue, et elle peut en dire long sur ce dernier. Certains préféreront les tenues de Maid, qui symboliseront la soumission et la dévotion du personnage (Axel de Meido Rando a d'ailleurs écrit un billet sur les soubrettes) tout en alliant élégance (le noir et le blanc) et le mignon (les froufrous, le serre tête, les bas en dentelles, le tablier..). D'autres, les tenues de prétresse (Miko) pour leur côté innocent, leur douceur, leur gentillesse, auxquels se mêlent des couleurs, souvent, blanches et rouge. Des saintes quoi ! D'autres encore, craquerons davantage pour les tenues lolitas (gothic lolita, wa lolita et autres), qui montrent souvent les personnages sous un jour plus enfantin (et qui peut conduire, parfois à la lolicon attitude). On retrouve aussi les vêtements japonais, avec les uniformes, ou les maillots de bain (scolaire ou bikini) qui proposent pour les premiers le fameux Zettai Ryouiki (fine bande de peau, qui se situe entre la mini jupe et les bas) et pour le second, la mise en valeur des formes des demoiselles. N'oublions pas les magical girl, qui apporteront un peu de magie à notre monde de brutes (FFendril a d'ailleurs fait un article sur ces dernières), et les nombreux accessoires moe moe : rubans, lunettes et armes (à chacun ses préférences!).
-> L'attitude Moe
Et oui, une héroïne moe n'a pas toujours le même caractère, et là encore, chacun y trouvera son compte. Pour commencer, nous avons le style tsundere (demoiselles à la fois violentes et douces, pour résumé) : Shana de Shakugan no Shana, Rin Tōsaka de Fate/Stay night, Kaname Chidori de Full Metal Panic!, Louise de Zero no Tsukaima, Klan Klan de Macross Frontier, Aisaka Taiga de Toradora! (et j'en passe des meilleures et des pires). Nous retrouvons aussi des personnages maladroits au possible (attention, ça trébuche, ça casse la vaisselle et se fait tout le temps mal) : Yui Hirasawa de K-ON, Nagisa Furukawa de Clannad, Komugi Nakahara de Nurse Witch Komugi-chan Magikarte, Tsukamoto Tenma de School Rumble, Osaka d'Azumanga Daioh (et d'autres encore). Il y a aussi les jeunes filles timides (qui vous terrassent avec leur douce voix et leurs joues rougissantes) : Mio Akiyama de K-ON, Sumomo Akihime de Nanatsuiro Drops, Haruna Sairenji de To Love-Ru, Mikuru Asahina de Suzumiya Haruhi no Yuutsu. Autre personnage souvent présent, l'amie d'enfance (vous savez celle qui a toujours été avec le héros, souvent sa voisine, et qui ne finira jamais avec même si elle lui prépare ses bentos tous les jours…) : Kaede Fuyou de Shuffle!, Shirley Fenette de Code Geass, ou Konosaka Kirino de Gift – The Eternal Rainbow. Autre style, la demoiselle renfermée sur elle-même (celle qui dit trois mots dans l'épisode) : Rei Ayanami Neon Genesis Evangelion, ou Yuki Nagato de Suzumiya Haruhi no Yuutsu. Enfin, on peut parler du "syndrome de Belldandy" comme l'appelle Axel dans son article (les jolies ménagères) : Belldandy dans Ah my goddess, Mahoro Andou de Mahoromatic, ou Shamal de Mahou Shoujo Lyrical Nanoha A's. D'autres caractères manquent à l'appel, alors n'hésitez pas à lire l'article Moe Modes.
Le Moe dans les animes
Titre original : Gakuen Utopia Manabi Straight (2007)
Studio : Ufotable
Genre : Comédie
Saison : 12 épisodes de 24 mns
Licence : Non Acquise
Synopsis : L’anime se déroule dans un monde où la natalité a considérable baissé, et par conséquent, cela se ressent un peu de partout, notamment dans les écoles. Mika Inamori était l’unique membre du Conseil des Elèves, jusqu’au transfert de l’énergétique Anamiya Manami (alias Manabi). La vie monotone prendra fin avec son arrivée.
Titre original : Ichigo Mashimaro (2005)
Studio : Domu
Genre : Comédie
Saison : 12 épisodes de 25 mns
Licence : Acquise (Dybex)
Synopsis : Nobue est la grande sœur de Chika, une jeune fille calme. Dans l'anime, nous suivrons les déboires et amusements de cette dernière et de ses trois amies, Matsuri, Ana et Miu. Et il faut l'avouer, la vie de Nobue est particulièrement mouvementée quand les quatre enfants sont réunies.
Titre original : Kamichu (2005)
Studio : Aniplex
Genre : Comédie
Saison : 12 épisodes de 24 mns
Licence : Non Acquise
Synopsis : Kamichu narre les aventures de Yurie, qui se retrouve, du jour au lendemain, propulsée au rang de Déesse. Et il faut l'avouer, ce n'est pas de tout repos. Elle découvrira non seulement l'étendu de ses pouvoirs, mais aussi les nombreuses responsabilités qu'un tel rôle demande.
Titre original : Moetan (2007)
Studio : Actus
Genre : Comédie / Magical Girl
Saison : 11 épisodes de 24 mns
Licence : Non Acquise
Synopsis : Ink Nijihara est une lycéenne de très petite taille, amoureuse d'un camarade de classe, Nao Tezuka. Un jour, un canard nommé Arc (aux tendances perverses), lui propose de devenir magicienne afin d'aider des personnes en danger. Ni une, ni deux, elle accepte, espérant séduire, sous cette forme Nao.
Titre original : Popotan (2003)
Studio : Shaft
Genre : Comédie / Fantastique & Mythe
Saison : 12 épisodes de 25 mns
Licence : Non Acquise
Synopsis : Ai, Mai et Mii sont soeurs, et voyagent dans le temps et l'espace. Vivant dans un manoir, elles ont toutes les trois un don pour la magie. Alors que Mii se fait toujours des tas d'amis et que Mai évite de s'en faire pour ne pas souffrir, Ai, interroge les popotan (pissenlits) pour trouver la personne qui fera cesser leur voyage.
Le Moe en vidéo
Pour débuter, voici un extrait de "Densha Otako", alias l'homme du train, dont vous pourrez trouver ma présentation en cliquant ici. On découvre donc à travers ces images, la puissance du terme "moe" chez une bande d'otakus. En effet, dans cet épisode, Yamada (Densha) amène Saori (Hermès) à Akihabara. Et comme vous pourrez le voir, quand cette dernière prononce le mot, tout le monde est conquit. Une scène culte!
Vous voulez du moe ? Alors cette vidéo de K-ON, montrant le regard suppliant de Mio Akiyama (agrémenté de petites étoiles tout autour et d'une petite musique), est faite pour vous. Dans cet extrait, que j'avais déjà cité, dans mon article traitant de l'anime, Mio a été embêtée, une fois de plus par Ritsu, qui a fait son possible pour la terroriser. Yui et Tsumugi lui ayant fait remarquer qu'elle était allée trop loin, essaient de convaincre Mio que tout est finit maintenant. Et c'est là que débute la scène. Le "Moe, Moe. Kyun" est un délire entre Ritsu et Yui, que l'on découvrait déjà plus tôt dans l'épisode.
Moetan, je vous en ai parlé plus haut. Dans cet extrait, nous assistons à la magical transformation de notre héroïne, Ink Nijihara (alias Pastel Ink) et Sumi Kuroi sous les regards pervers (et les filets de bave) d'Arc et Ka-kun. Les lolicons se délecteront de ces adorables demoiselles, à la peau rose, dans leur tenue de mahou shoujo. Mention spécial au bas rebelle d'Ink, qui ne tient jamais (et lui tombe à la cheville) et à sa baguette magique version sucette.
Le moe chez les illustrateurs
Pour cette partie, je vais vous parler d'une sélection d'illustrateurs dont les réalisations sont, la plupart du temps, relativement portées sur le moe. J'espère vous faire redécouvrir certains, et vous en dévoiler d'autres.
-> Miyasaka Miyu
Comme nous le montre The Doujinshi DB Project, Miyu Miyasaka est l'auteur de nombreux doujins, souvent portés sur le ecchi/hentai comme en atteste les couvertures et les extraits que nous dévoile le site, précédemment cité. Toutefois, on y découvre clairement des uniformes scolaires (このみのご本, このみのご本2, Musou Gentei..), des maillots de bain (Reunion), des robes gothic lolita (Colorful sweets collection), des tenues de maid (Stardust candy -チョコバナナあじ-), mettant en valeur d'adorables demoiselles. Vous pourrez d'ailleurs retrouver des illustrations de Miyu Miyasaka sur Konachan et Moe Imouto (dont l'illustration utilisée pour la bannière de cet article).
-> POP
Et non, aucun rapport avec la gamme des figurines POP (alias Portrait of Pirate). Nous parlons bien d'un illustrateur, et d'un illustrateur de talent qui a séduit de nombreux amateurs des jeunes personnages à la Ink Nijihara. POP (que l'on peut aussi trouvé sous l'appellation de Popcan), a réalisé de nombreux artbooks et autres œuvres. A ma connaissance, il y a Lollipop, Super x Lollipop (dont vous trouverez une review sur Hunting the Elusive), Ashita no Ashioto (Hunting the Elusive), ou encore Touhou Shoku Ayatan (une oeuvre mêlant les traits de Pop avec l'univers de Touhou en review sur Hunting the Elusive). Mais aussi des réalisations à partir des contes comme Snow White (Hunting the Elusive), The Little Mermaid (Hunting the Elusive), Thumbelina (Hunting the Elusive), The Little Red Riding Hood, ou Cinderella. Vous pourrez retrouver des réalisations de POP sur Konachan, Moe Imouto et Zero Chan. Notons que le style des figurines d'Happinet, Alice et Akazukin, ainsi que de Moetan, se rapproche énormément de son style.
-> Tinkle
Je vous avais déjà parlé de cet artiste à qui j'ai dédié un dossier (Partie 1, 2 et 3) et dont je trouve le travail formidable. Il a de très nombreux artbook et doujins à son actif. Parmi lesquels vous pouvez trouver les deux mangas Nusunde Lilith et Tsukiyo no Fromage, mais aussi Tsukiyo no Chakai (Moonlight Tea Party), Byakuya Chakai (Hunting the Elusive), Duel Dolls (Hunting the Elusive), Blossoms Colors, ou encore Drink Me (Hunting the Elusive). Pour voir ses réalisations, n'hésitez pas à lire mon dossier, ou, à aller sur Konachan, Moe Imouto ou Zero Chan.
Conclusion
Le Moe est désormais particulièrement présent, dans l'animation japonaise et ses dérivés. On peut d'ailleurs citer de nombreux eroge (jeu vidéo japonais ayant un contenu érotique) reprenant cela : Peace@Pieces (article ici), Chu x Chu Idol (article ici), Sakura Sakura, Flyable Heart, Kimi ga Aruji de Shitsuji ga Ore de (article sur l'anime ici), Lycoris Radiata, ou Fortune Arterial (et bien d'autres encore). Beaucoup d'ailleurs, le trouve beaucoup trop présent, comme le montre Aer dans son article "Le Moe dans tous ses états». Il faut dire que parmi les productions que l'on nous offre, beaucoup ne valent guère la peine d'être regardé. Beaucoup de réalisations, nous offrent des harem en veux-tu en voilà, dans lesquels le héros doit trouver sa promise (un garçon, et son meilleur ami des fois, pour six ou sept héroïnes, dont la meilleure amie d'enfance, la demoiselle timide et renfermée, la maladroite…). Pour ma part, même si je trouve cela assez redondant, et que j'ai l'impression de deviner à chaque fois qui incarne quel rôle, j'aime le trait moe. C'est pour cela, que j'apprécie les illustrations de POP et Tinkle. On conserve le moe en image (l'apparence et l'expression), sans toutefois devoir supporter les personnages.
A travers cet article, j'espère vous avoir apporté quelques éléments de réponse concernant le Moe. Mais attention, ce n'est que ma vision des choses, une vision subjective (avec quelques recherches sur le sujet). Beaucoup auront surement des propos à rajouter à cela, et des éléments allant à l'encontre de ce thème. Alors, n'hésitez pas à donner votre ressentit et vos avis, en commentaire!
















































OMG … sacré article bien complet !!
Bravo !!!!
haaaa les références en vidéo…. de bons souvenirs .. t’es obligé d’esquisser un sourire
Je profite de cette article pour pousser une (petite) gueulante. Le moe c’est bien, mais à petite dose. J’ai regardé K-On. En entier. J’ai été dégouté.
Trop de moe tue le moe, et cet anime est écœurant, à terme…
A vouloir faire du moe partout, tout le temps, il perd tout efficacité, les animés d’aujourd’hui sont en train de se tirer une balle dans le pied.
Waip, bravo pour le sujet et aussi pour les vidéos (je m’attendais bien à un « Moe, Moe, Kyun », ça amène un peu d’fraicheur).
Sinon c’est sur que le phénomène moe est de plus en plus utilisé dans les animes mais bon, la parade pour ne pas être dégouté, c’est de regarder l’épisode à sa sortie et non pas tout d’un bloc, ça permet d’avoir une semaine pour récupérer du choc x)
Ou ne pas les regarder tout court, c’est une bonne parade aussi.
Kyn Chan -> Merci beaucoup ! Contente de voir que l’article est apprécié car j’avoue qu’il m’a donné du fil à retordre. Je crois que j’y ai passé deux ou trois jours dessus, mais je ne suis pas mécontente du résultat, bien que ça ne soit qu’une proposition de ma version du Moe ^^ Le sujet est vaste ^^
Toro -> C’est sur que dans les animes, on ne retrouve que ça en ce moment. Personnellement, ce n’est pas vraiment quelque chose qui me dérange, après tout dépend comment cela est présenté. Il y a des animes que je ne regarderai pas, car trop mignon pour moi (Moetan j’ai réussi à regarder deux épisodes). Après, on va dire que j’adore le Moe dans les arbooks par exemple, donc vraiment tout dépend, à mes yeux, de la manière dont c’est présenté, et surtout de son importance (histoire de ne pas proposer QUE du moe aux amateurs, car ils ne sont pas tous fans du phénomène).
Ikki-Jiki -> C’est une bonne parade j’avoue. C’est ce que je suis en train de faire avec Hayate no Gotaku (mais pas sure d’arriver au bout) ^^ ».
Aer -> Je pense d’ailleurs que c’est la meilleur, si on aime pas le style ^^
Un article sympa, qui reste assez neutre sur le champ de bataille de la grande guerre du « moe ».
Sinon, je vois pas comment on peut être « dégoûté » par cette tendance. Aujourd’hui, si on peut pas sentir ce genre d’animes, ça sert à rien de regarder de la japanimation (à quelques exceptions bien entendu).
Je vois souvent la faute : « les animes-fan sont trop con pour apprécier une série intelligente et préfère ce genre de niaiseries ». Même si c’est pas complétement faux, l’animation se prête avant tout à ça… Faire de l’invraisemblable une sorte de réalité possible. Au final, le « moe », c’est aussi une alternative à la rudesse du monde extérieur. Et qu’importe que ça soit bon ou mauvais.
Le fait est que le « moe » est avant tout destiné aux otakus de première. Ces oeuvres proliférantes n’ont qu’une minorité en ligne de mire alors évidemment, quand on en parle, ça fait jaser.
En conséquence, les oeuvres ambitieuses sont moins nombreuses. C’est plutôt dommage mais un petit ramassage dans le monde de l’anime ne ferait pas de mal…